L’aristocratie française dégénère depuis quelques siècles maintenant mais, comme vous le savez tous, la dégénérescence peut avoir du bon. Ainsi en est-il de Bertrand Huon de Kermadec, prince de Barnénez, chevalier du Roc’Hou dit Tramber lorsqu’il dessine. Ne pas se souvenir des aventures de Kebra célèbre vaurien des pages de Metal Hurlant c’est assurément avoir vécu sur une île les trente dernières années. Les plus esthètes, de poissons, ont suivi avec intérêt les rares apparitions du sieur Tramber ici ou là. On n’aurait pas si tort que ça de le croire fainéant mais en réalité l’homme travaille avec vigueur à l’entretien du Manoir familial, seul bien conservé d’un temps où ses ancêtres régnaient sans partage sur les serfs locaux. Ces mêmes serfs devenus libres lui font bien payer, lui qui n’a rien fait. Dernière embrouille en date la réfection du calvaire, alors que Tramber fait parti des quinze bretons à s’en battre l’oeil, de la religion, monde cruel !
Tout ça pour vous dire que nos murs accueillent une exposition de ses derniers dessins sur la piraterie lui qui a rejoint depuis longtemps les terres de Libertalia. Gageons que les ventes serviront à payer quelques tuiles.















